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vendredi, avril 20, 2012

The Estranged : Critique de «The Subliminal Man».

En fouillant sur le site de Dirtnap Records pour ma critique de l'album «Television Youth» des Sonic Avenues, je suis retombé sur The Estranged, une formation de Portland (USA) que j’avais laissé de côté depuis un bon moment. Malgré cela, j’ai tout de suite eu envie de vous la faire découvrir.

Bien qu’ils ont une discographie relativement abondante pour une formation qui a vu le jour en 2007 (2 LPs, 3 EP et un split avec Autistic Youth, une autre excellente formation de Dirtnap qui mérite que vous vous y attardiez), je me concentrerai plus sur leur récent effort, puisque, à mon avis, vous devriez commencer par celui-ci pour vous initier à The Estranged.

Disponible depuis près de deux ans (août 2010), « The Subliminal Man », le deuxième LP du groupe, est un excellent album qu’on croirait directement sorti du passé. En effet, le style pratiqué par le groupe est emprunté à la vague post-punk initiée en Angleterre vers la fin des années 70. Aussi, malgré que l'album ait été conçu dans les entrailles du nouveau millénaire quelque part dans une petite ville américaine, nous avons tout de même droit à un disque digne des plus notoires formations britanniques de cette période.

On remarquera même l’utilisation de l’accent de nos compatriotes anglais principalement par le chanteur Derek Williams qui fait un travail impeccable tout au long de sa prestation. De plus, sa voix profonde et nostalgique crée une image qui évoque le retour aux sources et ressuscite le goût des origines. Pour tout dire, The Estranged nous ramène là où tout a commencé. Il nous ramène à l’époque où le punk ne se jouait pas encore uniquement avec des powerchords rapides et saccadées qui peuvent parfois devenir chaotiques sans raison.

On nous ramène là où la qualité du punk se situait dans le fait qu’on aimait étoffer et brosser les compositions avec un lustre riche en ambiance plutôt qu’en destruction. Avec The Estranged, on prend son temps et on élabore un peu plus les morceaux. On ne précipite rien et on priorise la création d’une atmosphère sur chaque pièce plutôt qu’un enchevêtrement expéditif de chansons vides et sans substance. On essaie de créer un classique avec chaque titre et, honnêtement, on y arrive presque. Évidement, un peu à la manière du post-punk de ces années-là, notre trio s’amuse allégrement avec la forme des sonorités et, de ce fait, la guitare de Mark Herman baigne constamment dans des effets multiples : chorus, flanger, saturation très métallique, etc. On ajoute aussi un bon degré de réverbération qui vient faire résonner l’écho du passé. La particularité de cet opus est la densité sonore d’antan, et ce, pour le grand plaisir de nos oreilles. Les lignes du bassiste sont toujours très expressives et vibrantes. Elles apportent aussi le côté mélodique que l’unique guitare se refuse peut-être de faire à certains moments.

La performance de Keith Testerman, batteur de la formation, reste sobre mais n’enlève rien sur l’ensemble de la production; il faut cependant soulever l’utilisation brillante des «Hi-Hat» et la façon dont il les tourne à son avantage. Ironiquement, leur son n’a rien d’originale puisque The Estranged ne réinvente pas la roue mais, du même coup, il l’est puisqu’il est rare qu’une formation joue ce type de musique de nos jours.

Par contre, «The Subliminal Man» ne fera pas vibrer tous les cœurs. C’est un album qu’on fait tourner dans la noirceur de la nuit et qui laissera le goût amer de l’urbanité dans le fond de la gorge. Ce serait donc un euphémisme d'affirmer que ce n’est pas un album très joyeux. On le sent plutôt mélancolique et froid, torturé et maussade, enragé et vindicatif, en pointant un doigt accusateur envers tout ce qui nous apparaît essentiel de le mériter.

On arrive vraiment à ressentir la colère ainsi que la tristesse pratiquement à chaque ligne des textes et, au final, on ressort de l’écoute avec un sentiment d’urgence d’agir et la conviction que tout doit être repensé et reconstruit. Cependant, et contrairement à un band screamo qui nous hurle à tue-tête sa détresse, ici le désespoir est plus langoureux, la plainte est plus lente, voir même plus subliminale. On réussit donc à faire passer beaucoup d’émotion dans l’intonation choisie pour exposer les idées.

Parmi les dix titres qui nous sont offerts sur «The Subliminal Man» et malgré le fait que ce 45 tours contient quelques bons morceaux plus tranquilles («Doubts and Regrets» et «Wicker Man»), mes pièces préférées sont probablement celles avec une section rythmique un peu plus prononcée, en l’occurrence la pièce titre de l’album «The Subliminal Ma » ou encore «Faces Stares». Juste avant la fin, The Estranged nous propose une reprise honnête de «Love And Molotov Cocktail» de The Flys qui s’amalgame à la perfection à leur registre.

Le seul point négatif que j’oserais soulever est le manque flagrant, voire l’absence totale, d’harmonie vocale à des endroits qui pourtant m’apparaissaient évidents et qui auraient aidé à encadrer le chanteur qui est définitivement laissé à lui-même tout au long de l’exercice.

Ceci étant dit, malgré ce détail mineur, si vous avez envie de revivre l’ambiance sonore d’une époque désormais révolue, laissez-vous tenter par The Estranged, mais surtout laissez-vous tenter par The Subliminal Man. Vous ne devriez pas être déçus. Cette formation est évidemment à découvrir, surtout pour les fans de Joy division, The Exploding Boy, The Wipers et évidemment The Cure.

(Écrit par : Coeur Noir)

The Estranged: The Subliminal Man by sabotagerecords

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