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samedi, mars 10, 2012

Propagandhi : Critique de "Less Talk More Rock".

L’un des tous premiers artistes de l’étiquette Fat Wreck Chords, Propagandhi, se rattache de près au son, à l’ambiance et à l’approche musicale de NOFX.

Cependant, la qualité de leurs deux premiers albums demeure si extraordinaire et unique que l'on considère aussi Propagandhi comme une légende du punk rock. Aujourd’hui, le groupe trône au panthéon des meilleurs groupes rock canadiens de l’histoire, aux côtés de Razor, Voïvod, Sacrifice et autres groupes semblables nés sur la terre de nos aïeux.

Ces albums, « How to Clean Everything » et « Less Talk More Rock », contiennent un punk rock dont les arrangements dépassent en profondeur et ingéniosité la plupart des groupes du style, toutes époques confondues. Dans l’univers musical skate punk des années 90, Propagandhi détonnait de deux façons : Premièrement, avec des arrangements musicaux sans faille et deuxièment, avec une position politique radicale. «Less talk more rock», sorti en 1996 et cinq ans après leur premier album, se concentre sur la politique radicale. Moins populaire que « How to Clean Everything », l’impact de « Less Talk More Rock » n'a pas été moindre, surtout pour ceux qui ont absorbé l’esprit et les paroles du disque.

Centré sur un discours politique étoffé, sans concession et sans compromis, Propagandhi y clame un activisme intègre, entier et dévoué, incitant à la rébellion et la désobéissance totale. Le titre «Less talk more rock» se veut satirique. Les quelques vingt-cinq minutes de musique, bien qu’excellentes, sont à l’arrière-plan, car le message prime!

Dans une tactique contraire à celle du premier album, de constantes allocutions exhortent l’auditeur attentif à réfléchir et puis à agir! La force de frappe se veut démesurée : l’urgence de la situation, selon Propagandhi, impose un tel appel.

Sans subterfuge, chaque particule du disque s’inspire de mouvements libertaires des dernières décennies. Quatre pôles, entourant le « A » des anarchistes figurent sur le disque : « Anti-Fascist , Pro-Feminist, Gay-Positive and Animals-Friendly ». Anarchismes, féminisme, anti-capitalisme, anti-corporatisme : La pochette contient de longs textes explicites et éloquents à propos de ces positions. Ces facettes fondent d’ailleurs les structures même de l’album.

Quant aux paroles, on y discute des droits des animaux, de la libération de la femme et on lutte contre l'homophobie et le racisme. On remet en question les modèles économiques occidentaux et on révèle les menaces d’une mondialisation capitaliste de plus en plus proéminente. Mais surtout, on y discute des fondements de la démocratie et invite l'auditeur à une nouvelle compréhension de la politique.

Le groupe s’insurge contre tout ce qui inflige la tragédie, et ce, aux quatre coins de la planète. Propagandhi accuse sans naïveté ni hésitation les investigateurs de l’oppression mondiale. Pousseux de crayon, vendeurs, colporteurs, politiciens, homophobes, facistes, professeurs, propagateurs et idéologues démagogiques passent à l’échafaud de façon systématique et sans pitié.

Dnas un même ordre d’idée, une part des profits de la vente de l’album va à des organismes comme « Food not Bombs », « People Acting for Animal Liberation », « AK Press and the Winnipeg Naturopathic Clinic ». Un tel banquet peut sembler indigeste, mais il y a aussi la musique!

À l’égal des premières productions de Fat Wreck chords, chaque son de l’album révèle le talent de musiciens chevronnés et accomplis. L’écoute à répétition de « Less Talk More Rock » profitera à l’auditeur car la qualité de l’album croît proportionnellement au nombre d’écoutes.
Un album a-t-il déjà provoqué en vous un bouleversement de conscience?

Ce disque, par sa rigueur intellectuelle et sa verve musicale, par sa ferveur sans relâche et ses compositions mémorables, a la capacité de transformer à jamais votre vision du monde. «Less talk more rock» et son mariage d’idées intellectuelles, politiques autant que musicales, atteint l’idéal ultime du punk rock. Rares sont les albums de cette trempe. Ce disque force à une réflexion intense et approfondie sur la société dans toutes ses facettes. Êtes-vous prêt ? Si oui, allez découvrir à votre tour cette bombe du punk rock!

Voici une courte revue des pièces de ce chef-d’œuvre à écouter et réécouter.
1. Apparently, I’m a ‘P.C. Fascist’ (Because I Care About Both Human and Non-Human Animals)
Ouverture résolument punk, élaborée et rapide. Établit une équation cruciale : notre façon de consommer = pure brutalité. Le ton est donné.
2. Nailing Descartes to the Wall/(Liquid) Meat Is Still Murder
Enchaînement musicalement logique avec la première chanson. C’est surprenant de constater à quel point les paroles sont en elles-mêmes des textes, qui pourraient être lues sans musique. Hymne au végétalisme, abordé sous l’angle personnel du chanteur.

3. Less Talk, More Rock
Chanson pop aux paroles homosexuelles qui se veulent choquantes et directement adressée aux intimidateurs. Ironique et dérisoire.

4. Anchorless
« Je ne veux pas mourir dans ce trou perdu, éloigné de tout. Tu as passé ta vie là, à ignorer que tu voulais être ailleurs. » La présence de John K. Samson, le futur chanteur du groupe The Weakerthans, tempère ici l’album de sa voix douce et mielleuse.

5. Rio De San Atlanta, Manitoba
Observation éloquente du système politique-économique.
Punk old school d’une saine violence.
Les vrais meurtiers marchent dans nos rues à la vue de tous : avec leurs crayons, bureaux et politiques. Le système ne peut être réformé, créons-en un nouveau!

6. A Public Dis-Service Announcement from Shell
Mot corporatif traitant de la compagnie pétrolière Shell et ses incursions politiques dans les pays en voie de développement. Ça marque le milieu de l’album. Après cette réflexion économique et politique, le propos et la musique de l’album prennent concision et force.

7. …And We Thought Nation States Were a Bad Idea
Parue auparavant dans « Survival of the fattest, Fat music for Fat people vol. 2″. C’est l’une des chansons phares du groupe. Réflexion synthétisée mais profonde et éloquente sur les fonctionnements politiques économiques mondiaux.

8. I Was a Pre-Teen McCarthyist
Superbe composition sur le lavage de cerveau éducationnel. Le milieu, les gens, les médias, le gouvernement…Tous propagent, sans toujours le savoir, des mensonges menant à la discrimination, la guerre et l’exclusion. Oui, ça commence à l’école!

9. Resisting Tyrannical Government
Nous sommes privilégiés mais conditionnés à ignorer le rôle clé de nos actions par rapport à l’économie politique mondiale. Cette chanson emploie l’exemple du hockey comme instrument de divertissement, employé pour fidéliser et aveugler l’ouvrier, conditionné tel un esclave.

10. Gifts
Deuxième chanson composée et chantée par John K. Samson; le contraste demeure frappant mais soulageant dans le contexte de l’album. Récit d’une histoire d’amour non vécue??

11. The Only Good Fascist Is a Very Dead Fascist
Pièce lente d’une cinglante violence; la culpabilité des fascistes et du fascisme y est clamée, sans appel. Cette chanson identifie même un ennemi : l’homme blanc capitaliste croyant en la suprématie de sa race.

12. A People’s History of the World
Traduction libre : Par nous-mêmes nous apprendrons à analyser et comprendre les systèmes de contrôle de la pensée. Nous partagerons cette connaissance, en se promettant de ne pas se vendre les uns les autres à ceux qui ont construit le désillusionnement généralisé (auquel nous participons chaque jour dans la conduite « normale » de nos vies).

13. The State-Lottery
Ces politiciens agissent comme s’ils avaient gagné à la loterie. Or, ses héritiers du pouvoir devraient, s’ils se souciaient vraiment des gens qu’ils ont laissé pour mort, souffrir d’un état de complète terreur.

14. Refusing to Be a Man
Si les désirs ont été objectivisés, l’érotisme devrait être redéfini.
Je refuse d’être un « homme », ni l’exemple d’un stéréotype, quitte à demeurer hors-jeu.
Ce titre conclut l’album…25 minutes pleines d’idées viennent de passer. Ouf!…

Maintenant, réécoutez.

En savoir plus sur  Propagandhi

(Écrit par : AllexBell.net)

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